Martin Mayer empowhers

Celine Heller, Manager au Cloud de Google, a lancé le blog empowhering pour réaliser des interviews auprès d’hommes et de femmes qui réalisent des projets, vont au bout des choses, ont des convictions et les affirment. Des femmes et des hommes qui ont un message à transmettre aux jeunes générations, et notamment aux femmes.

En voici un exemple. Martin Mayer, co-fondateur de YouMeO, s’est prête au jeu.

 

Papa Léa Anaïs

 

 

Qui es-tu / êtes-vous?

Je m’appelle Martin Mayer et je suis père de deux petites filles très rigolotes de 6 et 4 ans, Autrichien, marié à une Autrichienne, co-fondateur et associé de YouMeO, ex-hockeyeur sur gazon, résidant de Paris depuis 10 ans, amoureux de Paris depuis presque toujours, consultant, facilitateur, accélérateur, voyageur et entrepreneur.

D’où viens-tu et où en es-tu actuellement?

Je suis né à Vienne en Autriche où j’ai grandi et où j’ai vécu les 30 premières années de ma vie, puis nous avons décidé avec mon épouse d’aller vivre ailleurs. Paris était tout de suite en haut de la liste, la ville lumière nous a toujours fascinée.
Comment te considères-tu en 3 mots?
Empathique
Curieux/Ouvert
Fiable

Quel serait un jour “normal” dans ta vie?

Ce qui est cool dans mon job, ce qu’il n’y a pas vraiment de journées ‘normales’. Mais à l’échelle d’une semaine ou d’un mois, il y a des activités liées aux projets en cours (points d’avancement, présentations, cadrage et pilotage de projets, brainstormings avec l’équipe, …), à la prospection de nouveaux clients, partenaires, collaborateurs, à la croissance de notre réseau via des évènements, à l’écriture des articles, à la production des propositions d’accompagnement, à la vie interne de YouMeO, à la stratégie de notre développement … Mais ce que je préfère c’est de travailler avec les équipes de nos clients, de faciliter des sessions de co-création, de générer de nouvelles idées et de contribuer modestement à la transformation des organisations et les modes de collaboration de nos clients.

Quelle expérience considères-tu comme la plus impactante dans ta carrière aujourd’hui?

Il y en a plein. Ma carrière est un enchaînement d’opportunités improbables qui se sont présentées au cours des années et de décisions que j’ai prises pour les saisir. Mais le changement le plus impactant sur ma vie et ma carrière était la décision de venir vivre à Paris il y a 10 ans par curiosité et envie d’évoluer dans une nouvelle culture. En passant par le travail dans une Organisation Internationale, puis par le conseil dans un cabinet français qui m’a donné une chance malgré ma connaissance limitée de la langue française, et enfin par une période de consultant freelance, ces différentes expériences m’ont donné le courage de lancer YouMeO il y a trois ans avec mon associé.

Que ferais-tu différemment maintenant qu’il y a plusieurs années?

Je créerai une entreprise 10 ans plus tôt. L’aventure entrepreneurial est tellement valorisant à de multiples égards qu’on ne peut pas surestimer ses impacts positifs. On apprend tous les jours et on doit grandir avec chaque étape de son projet.
Quel conseil partagerais-tu avec les jeunes?
Sachez ce que vous apportez à vos entreprises, équipes et projets. Il y a toujours une raison pour laquelle vous êtes là où vous êtes, trouvez là et agissez en fonction. Et trouvez le bon équilibre entre la confiance en vous pour contribuer à la hauteur de vos capacités et l’humilité d’apprendre des anciens pour bénéficier de leurs expériences et compétences.Comment priorises-tu les choses/tâches dans ta vie quotidienne?
Mal. C’est clairement un terrain où je dois progresser. Mes priorités sont en train de changer fortement car je dois prendre plus de responsabilités pour faire grandir les autres, pour aider les équipes à être excellent dans leur travail, à moins faire moi-même et à déléguer plus. Quand j’aurai réussi, je travaillerai mieux et moins et c’est un bel objectif, n’est-ce pas ?

Quelles sont tes facteurs clés de motivation?
Les vrais moteurs de motivation sont tous intrinsèques. Je ne me lève jamais le matin en me disant que je n’ai pas envie d’aller travailler. C’est un luxe je le sais, mais c’est aussi un choix responsable vis-à-vis soi-même. Il faut savoir s’écouter et évaluer régulièrement si on est toujours heureux dans ce qu’on fait et prendre les décisions qui s’imposent. Pour moi, ce qui me motive sont les défis que nos clients nous proposent de relever avec eux. La conception des approches collaboratives et innovantes pour répondre aux enjeux de nos clients c’est ce que j’aime le plus dans mon travail. Mais c’est aussi l’envie de voir grandir YouMeO, de voir comment on arrive à constituer une équipe dédiée à cette entreprise qui s’implique pleinement.

De manière générale, es-tu satisfait(e) de ta performance personnelle et/ou professionnelle aujourd’hui?

Oui, mais j’ai toujours envie de progresser, d’apprendre, de découvrir de nouvelles approches, de travailler avec de nouvelles personnes, de changer ma perspective. Ce qui m’intéresse plus que les performances passées ce sont les choix qu’on fait aujourd’hui pour créer l’avenir.

D’après toi, quels sont les éléments clés pour finaliser des projets avec succès (d’un point de vue personnel et professionnel)?

Je pense que le plus important pour réussir c’est d’appliquer ce que les Anglo-Saxons appellent ‘deliberate practice’ ou ‘reflective practice’. L’idée est de faire évoluer ses pratiques professionnelles par une réflexion active et collective sur ce qui a bien marché et ce qui a moins bien marché lors de nos interventions ou projets. C’est moins une question de techniques ou méthodologies qu’une question de mindset, un mindset d’amélioration continue. Chez YouMeO et avec nos clients, nous faisons régulièrement de séances de retour d’expérience pour s’assurer que nous faisons toujours un peu mieux la prochaine fois. Une autre façon de pratiquer de manière délibérée est de ‘codifier’ les approches méthodologiques appliquées chez nos clients au travers des articles publiées dans des publications reconnues et spécialisées.

Penses-tu avoir un équilibre de vie entre l’aspect personnel et l’aspect professionnel ?
Je travaille beaucoup, mais je ne connais aucun entrepreneur qui ne le fait pas. Mais j’essaie de garder un certain équilibre, de partir régulièrement en vacances avec ma famille, de ne pas (trop) travailler le weekend etc. Si je ne suis pas en déplacement, j’amène mes filles à l’école le matin et j’essaie de rentrer vers 19h30 pour passer encore un peu de temps avec elles.

Comment gères-tu ton environnement personnel au vu de ton succès professionnel?
Nous n’avons pas de système de support familial ici à Paris, donc nous sommes très dépendant de notre nourrice qui s’occupe de nos filles depuis presque 6 ans maintenant. Sans elle, nous ne pourrions pas poursuivre nos carrières respectives de la même façon. Mon épouse a un poste important dans une entreprise et avec un emploi de temps à la fois chargé et souvent peu prévisible, notre nourrice est aussi notre babysitter. Les filles l’adorent et nous sommes très heureux de l’avoir à nos côtés. A part de ça, les filles passent régulièrement leurs vacances en Autriche chez leurs grands-parents pour passer de bons moments en famille et accessoirement travailler leurs compétences de langue allemande.


Penses-tu que l’impact des femmes ait changé au cours des dernières années?

Oui et non. Dans mon environnement professionnel, je vois que les femmes ont plus de confiance en elles qu’il y a encore quelques années. Notamment parmi les plus jeunes, on voit de plus en plus d’entrepreneuses qui réussissent leurs projets, qui fédèrent autour d’elles et qui osent à rêver grand. Nous le voyons aussi chez nos clients, ce sont souvent les femmes qui poussent pour la mise en place de démarches plus collaboratives, plus transversales et plus ouvertes. En même temps, il y a sans aucun doute encore un plafond de verre qui reste très difficile à franchir pour les femmes.

D’après toi, quel est l’élément clé sur lequel les femmes devraient se concentrer actuellement?
Je pense qu’il faut mettre l’accent sur une ‘normalisation’ de l’égalité, ou sur la ‘ringardisation’ de l’inégalité. Il ne faudra pas rester dans une situation où il faut communiquer sur les efforts à faire par les entreprises pour équilibrer ou ‘féminiser’ les équipes ou comités de dirigeants. Ce n’est pas pour dire que l’égalité va arriver tout seul sans des efforts y compris de réglementations considérables, mais il faut qu’il s’agisse d’une période de transition qu’il convient de traverser au plus vite possible.
Je vois dans mon contexte de travail déjà beaucoup d’entreprises qui ne se posent plus la question et qui ont des équipes tout à fait équilibrées (ce qui est d’ailleurs le cas de YouMeO également). Dans mon métier, ce n’est vraiment pas un critère, à aucun poste d’ailleurs.
A mon avis pour avancer plus vite, il faut orienter le discours au-delà de l’égalité homme-femme, et le mettre dans un contexte de diversité plus large y compris au niveau de constitution des équipes multi-disciplinaires, multi-hiérarchiques, multi-réligieuses, multi-origines etc. Parlons des effets positifs et des impacts à de multiples échelles de cette multi-diversité et on aura fait un grand pas vers l’égalité à tout égard.

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